|
Année 2025 |
|
Evangile selon saint Luc (17, 11-19) Octobre 2025 En ce
temps-là Jésus, marchant vers Jérusalem, L'un
d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en
glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux
pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un
Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous
les dix n'ont-ils pas été purifiés? *******************
|
Quel mouvement dans ce récit, depuis la marche de Jésus vers Jérusalem jusqu'à l'appel de marcher adressé au Samaritain ! Cette marche mène Jésus près d'une frontière. C'est là que se produit sa rencontre avec dix lépreux. Leur peau malade trace, elle aussi, une frontière qui les tient à l'écart de tout contact. C'est là justement, où ça touche, qu'ils sont malades. Seule leur voix implorant le Maître franchit la distance impoée par la maladie. Elle attire son regard. Mais Jésus rend la distance plus grande encore en les renvoyant l''instance sacerdotale. Qu'a-t-il donc vu, Jésus, qui vaille la peine d'être montré? Le
regard de Jésus a dépasé le présent, il devance les marcheurs.
Jésus sait que faire du chemin, cela purifie. Il sait aussi que
c'est en chemin que les yeux s'ouvrent sur ce qu'on n'ose pas
espérer, sur ce que les mots ne peuvent qu'effleurer et que pourtant
l'on désire de tout son coeur. Alors, pouvoir montrer cela, le poser
devant d'autres yeux, confirme ce que l'on a vu. Tous ont été
purifié chemin faisant. Mais d'un seul, ayant vu qu'il était
guéri, le chemin revient vers la source de la parole qui l'y avait
envoyé. De là à nouveau, sa voix s'élève pour franchir une
autre distance : elle va vers Dieu. Rendre grâce, n'est-ce pas
reconnaître que l'on a fait du chemin ? Jésus s'étonne des neuf
autres. Pourquoi ne retrouvent-ils pas, eux aussi, ce qui avait
éveillé son regard, leur voix ?
Pour cela, dit Jésus, il fallait être "né ailleurs"
! Où donc
? En Samarie, autrement dit là où, à l'époque, on était supposé
ne pas avoir la foi, en tout cas pas la bonne.
Mais voici, le supposé mécréant donne gloire Dieu. Ne reconnait-il pas ainsi qu'il est "né d'ailleurs", comme Jésus dit littéralement, c'est-à-dire d'Esprit saint aussi. Car la foi qui prend là son origine, elle sauve, elle met debout et en chemin, elle passe les frontières, elle met en contact avec qui est autre : Dieu et les autres.
|
|
Évangile
selon saint Matthieu (chap 11, 2-11 )
- Décembre
2025 En
ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, Tandis
que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux
foules à propos de Jean :
------------------------------------------------------------- |
Dimanche dernier, nous avons entendu Jean le Baptiste clamer dans le désert "changez d'esprit, car le royaume des cieux s'est approché". Maintenant il est en prison, partageant ainsi le sort de tant de prophètes. Le porteur d'une parole libre est enfermé et il interroge Jésus qui, lui, est encore libre. Entre Jean et Jésus voyagent des paroles étonnantes. A l'attente déconcertée de Jean, Jésus n'a d'autre réponse que les paroles qu'il avait lues dans le livre du prophète Isaïe. Il n'a rien à dire d'autre. C’est l’écrit qui rend lisible ce qui est vu et entendu. Jean connaît pourtant bien ces paroles qui l'ont nourri, avec lesquelles il a grandi. Mais c'est comme si Jean était prisonnier non seulement du pouvoir politique, mais aussi d'une idée des "œuvres du messie" qui ne correspond pas à ce qu'il a entendu dire de Jésus. Alors celui-ci lui fait annoncer ce qui se donne à entendre, mais également à voir : oui, Jésus reconnaît dans ces paroles d'Isaïe, le prophète de leur peuple, ce qui s'est produit sous ses pas, il s'y reconnaît, il lit sa vie à la lumière des Écritures. Et ceux et celles qui croiront en lui après sa mort feront de même : lire dans les Ecritures ce qui a été vu : le salut d'autres. C'est dans la vie que les Écritures donnent à lire les signes d'espérance. Cela peut nous donner à penser. Qu'avons-nous perçu des "œuvres du messie" (du Christ) ? Osons-nous dire notre déception et notre doute? Quels signes réclamons-nous pour dire : voici, c'est lui qui vient? L'attendons-nous vraiment ? Sommes-nous prêts à nous laisser surprendre par les réponses que nous recevrons ? Accepterons-nous qu'elles soit aussi anciennes et pourtant aussi visibles que celle que Jésus propose à Jean ? - Mais, avant tout, ne s'agit-il pas d'ajuster notre regard sur celui de Jésus qui se reconnaît dans le salut pouvant arriver dans un corps humain parce que la bonne nouvelle y a retenti? |
|
Noël 2025 |
Mod le 02/02/2026