NOEL 2023

Mc 16, 1-8 P￵es 2024

Mc 3,20-35 0/6/2024

Luc, 3,1-6 Avent 2024

Lc Rameaux Passion

 Lc (17, 11-19) – 10/ 2025

Matt 2,1-12  Epiphanie

Lc 24,36-49 0/4 2024

Mc 7, 31-37  0/8 2024

Dieu nouveau venu Noel 2024

V>eill¢ pascale C  Lc 24, 1-12 Paques 2025

 Je 2,13-25 11/ 2025

Je 1,35-42 01/ 2024

Ascension 05/ 2024

Mc 10, 17-27 10/2024

Lc 3,15-16.21-22 ( Bapt de Jesus)

Je  10, 27-30 05/2025

 Mtt 11, 2-11 12/2025

Mc 1,40-45 02/2024

Je 17,11-21 0/5 2024

Matt 5, 1-12a - Toussaint 2024

Lc 5,1-11 04/2025

Ac 2, 1-12 - 06/2025

 Noel 2025

Je 3,14-21 03/ 2024

Pentecote 0/5 2024

Mc 12,41-44 13,1-3a 11/2024

1er Car C - Lc ( 4, 1-13 ) - 03/ 2025

 La Croix glorieuse Je 3,14-21 09/2025

 Matt 3 13-17 01/2026

 

   Année  2025

 


 

Evangile selon saint Luc (17, 11-19)              Octobre 2025

En ce temps-là Jésus, marchant vers Jérusalem,
traversait la région située entre la Samarie et la Galilée
Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » A cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés

L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n'ont-ils pas été purifiés?
Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s'est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé.;»
 

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Quel mouvement dans ce récit, depuis la marche de Jésus vers Jérusalem jusqu'à l'appel de marcher adressé au Samaritain ! Cette marche mène Jésus près d'une frontière. C'est là que se produit sa rencontre avec dix lépreux. Leur peau malade trace, elle aussi, une frontière qui les tient à l'écart de tout contact. C'est là justement, où ça touche, qu'ils sont malades. Seule leur voix implorant le Maître franchit la distance impoée par la maladie. Elle attire son regard. Mais Jésus rend la distance plus grande encore en les renvoyant l''instance sacerdotale. Qu'a-t-il donc vu, Jésus, qui vaille la peine d'être montré?

Le regard de Jésus a dépasé le présent, il devance les marcheurs. Jésus sait que faire du chemin, cela purifie. Il sait aussi que c'est en chemin que les yeux s'ouvrent sur ce qu'on n'ose pas espérer, sur ce que les mots ne peuvent qu'effleurer et que pourtant l'on désire de tout son coeur. Alors, pouvoir montrer cela, le poser devant d'autres yeux, confirme ce que l'on a vu. Tous ont été purifié chemin faisant. Mais d'un seul, ayant vu qu'il était guéri, le chemin revient vers la source de la parole qui l'y avait envoyé. De là à nouveau, sa voix s'élève pour franchir une autre distance : elle va vers Dieu. Rendre grâce, n'est-ce pas reconnaître que l'on a fait du chemin ? Jésus s'étonne des neuf autres. Pourquoi ne retrouvent-ils pas, eux aussi, ce qui avait éveillé son regard, leur voix ? Pour cela, dit Jésus, il fallait être "né ailleurs" ! Où donc ? En Samarie, autrement dit là où, à l'époque, on était supposé ne pas avoir la foi, en tout cas pas la bonne.

Mais voici, le supposé mécréant donne gloire Dieu. Ne reconnait-il pas ainsi qu'il est "né d'ailleurs", comme Jésus dit littéralement, c'est-à-dire d'Esprit saint aussi. Car la foi qui prend là son origine, elle sauve, elle met debout et en chemin, elle passe les frontières, elle met en contact avec qui est autre : Dieu et les autres.


 

 


 Bonne Nouvelle de Jésus Christ   selon st Jean (2,13-25) Novembre 2025

Comme la Pâque juive était proche,Jésus monta à Jérusalem..
Dans le Temple, il trouva instalés les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les boeufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes :
« Enlevez cela d'ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu'il est écrit : « L'amour de ta maison fera mon tourment. »
Des Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner,pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit :
« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
Aussi, quand il se réveilla d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ;
ils crurent l'Ecriture et à la parole que Jésus avait dite.
 

 

L'évangile de ce jour dément une manière très répandue de voir Jésus : quelqu'un d'une douceur proverbiale, incapable de colère. Le "doux Jésus. Mais voilà ici, tel un ouragan, il se met jeter un tas de monde hors du temple - comme s'il y était chez lui ...? En tout cas, il l'appelle "la maison de mon père" ! Qu'y a-t-il donc pour lui de si insupportable ?

            Oh, ce ne sont pas tant les animaux, c'est davantage l'argent et ceux qui le manipulent, l'argent qui fait tant d'esclaves et d'innombrables victimes… Et c'est surtout ce à quoi tout cela devait servir : pervertir la grâce de Dieu en croyant pouvoir mettre ses mérites dans la balance, se l'acheter ; faire de ce qui est grâce un marché selon la loi qui lui est propre. Sans accepter le don purement gratuit d'une parole libre et libératrice et se laisser travailler par elle, une parole d'alliance entre partenaires, comme celle transmise par Moïse. - Voilà pourquoi Jésus fait le vide. Ce n'est que le vide qui attire la Présence et rien que lui.

 Du coup, les mots changent de sens : le "temple" devient "sanctuaire", la masse imposante du temple, cette puissance immobile fait place  à l''image du corps dans sa précarité de chair et de souffle, de faiblesse en mouvement. Jésus va en effet plus loin. Il déconstruit ce qui de demeure de Dieu est devenue protection contre Dieu. Jésus préfère s'exposer de tout son corps, chair et souffle, à la rencontre du Dieu vivant, ce Dieu de l'alliance en mouvement à travers l'histoire humaine. Sa demeure est faite de pierres vivantes, de femmes et d'hommes ayant perçu quelque chose de son langage qui s'offre sans s'imposer, qui invite sans cesser d'espérer, qui croit encore d'être entendu, qui réveille ce qui est mort, qui est comme un feu qui ne dévore rien de ce qui le nourrit : aimer.

A chaque eucharistie, c'est de cela que nous faisons mémoire, de l'écrit comme de qu'Il a dit et nous essayons d'avancer en croyant, d'une foi fragile et exposée comme le corps de Jésus au milieu de la violence et de l'incompréhnsion.
 

 

 

 Évangile selon saint Matthieu (chap 11, 2-11 ) - Décembre 2025

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison,
des œuvres réalisées par le Christ.
Il lui envoya ses disciples et, par eux,  lui demanda :
« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent,
les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean :
« Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir : un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit :
“Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour préparer le chemin devant toi. 
Amen, je vous le dis :
Parmi ceux qui sont nés d’une femme,
personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ;
et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux
est plus grand que lui. »

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   Dimanche dernier, nous avons entendu Jean le Baptiste clamer dans le désert "changez d'esprit, car le royaume des cieux s'est approché". Maintenant il est en prison, partageant ainsi le sort de tant de prophètes. Le porteur d'une parole libre est enfermé et il interroge Jésus qui, lui, est encore libre.

   Entre Jean et Jésus voyagent des paroles étonnantes. A l'attente déconcertée de Jean, Jésus n'a d'autre réponse que les paroles qu'il avait lues dans le livre du prophète Isaïe. Il n'a rien à dire d'autre. C’est l’écrit qui rend lisible ce qui est vu et entendu. Jean connaît pourtant bien ces paroles qui l'ont nourri, avec lesquelles il a grandi. Mais c'est comme si Jean était prisonnier non seulement du pouvoir politique, mais aussi d'une idée des "œuvres du messie" qui ne correspond pas à ce qu'il a entendu dire de Jésus. Alors celui-ci lui fait annoncer ce qui se donne à entendre, mais également à voir : oui, Jésus reconnaît dans ces paroles d'Isaïe, le prophète de leur peuple, ce qui s'est produit sous ses pas, il s'y reconnaît, il lit sa vie à la lumière des Écritures. Et ceux et celles qui croiront en lui après sa mort feront de même : lire dans les Ecritures ce qui a été vu : le salut d'autres. C'est dans la vie que les Écritures donnent à lire les signes d'espérance.

   Cela peut nous donner à penser. Qu'avons-nous perçu des "œuvres du messie" (du Christ) ? Osons-nous dire notre déception et notre doute? Quels signes réclamons-nous pour dire : voici, c'est lui qui vient? L'attendons-nous vraiment ? Sommes-nous prêts à nous laisser surprendre par les réponses que nous recevrons ? Accepterons-nous qu'elles soit aussi anciennes et pourtant aussi visibles que celle que Jésus propose à Jean ? - Mais, avant tout, ne s'agit-il pas d'ajuster notre regard sur celui de Jésus qui se reconnaît dans le salut pouvant arriver dans un corps humain parce que la bonne nouvelle y a retenti?

 

Noël 2025

 


Naissance inattendue

Le sens de Noël s'est effacé de notre environnement, et c'est peu dire que nous traversons des temps ténébreux. Voilà deux motifs suffisants pour ne pas égarer notre boussole : l'Evangile. Prenons quelques moments pour en accueillir la lumière, qui éclaire le temps de naissance que nous célébrons ces semaines-ci.

L'Evangile de la Nativité parle des bergers, et celui de l'Epiphanie raconte les mages. Les uns sont proches, les autres viennent de loin. Et les uns comme les autres arrivent à Bethléem, lieu de naissance du Messie selon les Écritures. Cependant, ni les bergers ni les mages ne s'y sont rendus de leur propre initiative. Les bergers ont, les premiers, entendu la parole de la bonne nouvelle : « Il vous est né aujourd'hui un sauveur ... ». Quant aux mages, ils ont vu l'astre « là où la lumière se lève », et ils en ont suivi le chemin conduisant au « roi des Juifs qui vient de naître ».

Ainsi, tant les bergers que les mages sont mis en mouvement : une bonne nouvelle les déplace, un signe les met en chemin, personne ne reste chez soi. Symboliquement, dans les récits de la Nativité et de l'Epiphanie, Jésus accueille ses premiers disciples, eux qui ont été attirés et guidés vers lui. Les uns sont des proches, les bergers, au bas de l'échelle sociale. Les autres sont des lointains, les mages, c'est-à-dire ceux dont attendrait le moins la présence parmi ... les proches de Jésus ! Ce qui se profile dans les figures des bergers et des mages, c'est donc l'Evangile lui-même ! La bonne nouvelle qui attire et accueille les déclassés, et qui, au loin, atteint ceux qu'on croyait laissés dans l'ombre.

Pour le dire de manière imagée, les bergers et les mages nous devancent. De celui qu'ils allaient voir, ils savaient qu'il venait de naître. Et cette naissance, celle de Jésus, les faisait naître à leur tour, à la foi en lui. À travers eux, nous découvrons que les moins attendus deviennent comme des nouveaux-nés à la foi ... Ne serions-nous pas parmi eux ?


Bernard
 

 

                                           

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           Mod le 02/02/2026