|
En
ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui
demander : Ainsi,
le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses
comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena
quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire
soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait
pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa
femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa
dette. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
|
Voilà que l'évangile raconte une parabole qui parle d'un règlement de comptes ! C'est un mot rare dans le vocabulaire évangélique. Pierre avait amené le sujet en voulant établir un bilan raisonnable entre péché et pardon. Or l'objet du règlement de la parabole est une dette si grande que les mesures imposées pour son remboursement, pourtant draconiennes, paraissent dérisoires. La quantité est écrasante. Il n'y a que la qualité d'une parole et d'un cœur prêt à l'entendre qui pourrait porter remède à la situation. Et c'est ce qui arrive : L'homme de la parabole, animé d'une libéralité de roi, entend et trouve une manière bien à lui de régler les comptes : ému aux entrailles, il délie le débiteur de sa créance. Quant au serviteur, la prétention d'être capable de tout rembourser, l'empêche de saisir la gratuité d'une telle libération. Ce qui lui est offert est pourtant un don sans raison et sans remords, le seul qui soit capable de ne pas faire sentir la vie comme l'inacceptable poids d'une dette trop immense ! Mais ce serviteur est incapable de recevoir ce qu'il n'a pas mérité, si bien qu'il reste dans la logique de la dette exigeant remboursement. Aussi ne fait-il pas circuler ce qui lui a été donné gracieusement et continue, avec ses égaux, à se comporter comme un créancier. Aussitôt sorti, il prend à la gorge un parmi ses co-serviteurs qui lui adresse pourtant ses propres paroles, celles qui avaient touché le cœur de l'homme-roi. Il n'entend pas et prive son compagnon de liberté. Alors, devant la tristesse des co-serviteurs qui voient cela, la violence commise change la figure de l'homme-roi qui passe de la miséricorde au châtiment. Aussi Jésus conclut-il la parabole ainsi: la figure que Dieu prendra aux yeux de tous ne pourra être meilleure que celle que nous montrons à nos frères et sœurs : il devient un père fouettard. Et si le pardon reçu ne remet pas notre cœur et nous-mêmes à la juste place, nous risquerions non seulement de faire perdre la face à Dieu, mais aussi d'y perdre la nôtre.
|
|
|
|
|
Pour le site du
Divin Sauveur: |
Chapelle
du Divin Sauveur |
Mod . le 08/09/2026